• Réflexion sur le danger du féminisme en ligne

    La libération de la parole des femmes est une voie digne et respectable. Les problématiques liées aux propos chocs, violences conjugales, agressions ainsi qu'aux harcèlements ou aux féminicides ne peuvent - et ne doivent - plus être passées sous silence ou ostensiblement ignorées. Nous avons la responsabilité de condamner ces infamies. La lutte féministe est une lutte permanente contre toute sorte d'inégalité sociale ou économique.

     

    Réflexion sur le danger du féminisme en ligne

     

     

    Ces questions morales éveillent les consciences collectives dans une société qui abaisse encore la Femme, présentée comme un objet de fantasme, notamment à travers la publicité, les films et les séries, en contradiction avec la réalité. Nous avons la résistance du patriarcat dans un monde qui se dit moderne et avancé.

     

    Cette libération met donc fin au scandaleux prix du silence d'une douleur qui ne peut être décrite qu'avec de simples mots, mais pourtant renfermée pendant plusieurs années dans une même psychologie. Il n'est jamais facile de parler d'un traumatisme, indépendamment de la nature ou des circonstances des faits.

     

    Cependant, avec le tsunami de l'affaire Harvey Weinstein (grand producteur à Hollywood mais réputé être grand "prédateur sexuel"), ce combat pour l'égalité homme-femme et pour une meilleure considération des femmes au sein de la société a été profondément dénaturé par ce poison qui prend une proportion grandissante : le féminisme Internet. J'ai toujours eu des réserves face au mouvement Me Too ou "Balance Ton Porc" parce que l'émotion a souvent pris le dessus sur la raison.

     

    J'expose les raisons pour lesquelles le féminisme en ligne sert des intérêts contraires à celles (et ceux) qui se battent réellement et sainement sur le terrain pour la place des femmes.

     

    • Placer dans une même étable les hommes. Il est absurde et inacceptable d'uniformiser le mal à ceux n'ayant rien à voir avec les problématiques soulevées. Par exemple, un regard ne vaut pas harcèlement ; ou une blague ne vaut pas sexisme ; ou une opinion ne vaut pas une attaque gratuite contre les femmes en général. Le féminisme en ligne a accentué cette psychose où l'homme est perpétuellement un danger pour la femme, sans le moindre argument pour étayer cette ineptie. Il subsiste, cependant, une responsabilité individuelle et collective pour condamner les propos sexistes, le harcèlement de rue et les attouchements irrévérencieux dans les lieux publics.

     

    • L'acharnement contre-productif à longueur de temps sur une personnalité publique ou privée dans les médias - quels que soient les faits reprochés. Le tribunal judiciaire ne doit pas disparaître au profit du tribunal médiatique qui se complaît au sensationnalisme et à la division d'une société déjà bien fragmentée. Toute dénonciation est honorable à condition que nous ayons des preuves et que nous ne dépassions pas une certaine limite aux émotions légitimes. Les exemples les plus marquants furent les affaires Tariq Ramadan et Gabriel Matzneff qui ont secoué les sphères intellectuelles et dans lesquelles les réseaux sociaux se complaisaient à ajouter des réflexions inutiles, insultants envers les personnes présumées coupables et lançant des théories sans la moindre mesure et sans la moindre surveillance des autorités compétentes.Réflexion sur le danger du féminisme en ligne 

     

    • Les religions qui auraient asservie ou abaissée la Femme, notamment à cause d'une trop grande intransigeance sur ses droits et ses libertés. La libération de la parole a trop souvent mis l'accent sur la libération de la haine du religieux qui n'est plus dans les limites de la liberté d'expression et du combat féministe. Elles ont été, sans fondement, taxées de rigorisme ; cela s'est traduit notamment par des (faux) débats autour du voile « incompatible aux valeurs républicaines » et de la laïcité. Au final, peu d'avancées sur la cause féministe quand les meurtres, les homicides et le harcèlement prospèrent quotidiennement religion ou non.

      Le poison du féminisme Internet

      Nous savons que chacun a une conception bien différente de la religion, c'est un cheminement personnel et intellectuel, sans pour autant omettre que des fondamentalistes plutôt attachés aux traditions se servent immoralement, et sans lire les textes, de la religion pour commettre turpitudes à l'égard des femmes.

      Les religions musulmane, chrétienne et juive ont une identité et une confession différente qui, dans le fond, ont plus apporté de sérénité et de paix chez les croyants que de gênes et de calomnies dessinées par les féministes virtuels, les démagogues, les extrémistes politiques avec une véhémence médiatique jamais vue qui divise encore davantage la société. Il est donc hors de question d'étaler des questions d'ordre privé et spirituel dans le débat public et médiatique.

     

    • Les réseaux sociaux ont permis l'essor d'une contre-révolution à la libération de la parole avec ce fameux paradigme où la Femme serait plus libre de son corps, de faire ce qu'elle veut au risque de tomber dans le ridicule. Avec l'affaire Weinstein, il y a eu une sorte d'exagération dans l'émancipation de la Femme : plus libre de s'afficher de manière obscène en montrant son intimité, plus libre pour les publicitaires d'afficher ou de diffuser des contenus dénaturant davantage l'image de la Femme  (pub NANA sur les serviettes hygiéniques qui m'a particulièrement gêné avec des vulves qui chantent...), plus libre d'oser affirmer que les femmes sont supérieures aux hommes, et toute pleine de curiosité farfelue...

     

    ***

    J'ai vu que les utilisateurs encartés "féministes" avaient une utilisation de plus en plus partisane des réseaux sociaux et non rationnelle. L'important, après la libération de la parole, est la proposition d'actes concrets qui engagent l'intérêt général. J'ai toujours pensé que deux principes fondamentaux devraient prévaloir :

    →   une Justice qui écoute et qui sanctionne sévèrement les actes perpétrés sans qu'une affaire soit systématiquement classée sans suite. Les vengeances meurtrières de certains hommes violents après une non-condamnation sont non-négligeables.  Il est grave qu'un État de Droit failli à sa mission d'intérêt général régit par la Constitution et les textes fondamentaux, celle de protéger les femmes en souffrance, souvent seules sans écoute ni considération.

     

    →   des moyens financiers et matériels ainsi qu'une coordination des services d'aide et de soutien aux femmes victimes de violences physiques et morales.

     

    Je tiens à préciser que ces observations objectives ne sont pas là pour empiéter les combats mais bien d'alerter sur les dérives que pourrait représenter le féminisme en ligne et donc, d'une certaine façon, de lancer un appel à la raison.

     

    Je tiens aussi à dire que les femmes n'ont pas forcément besoin du féminisme pour revendiquer leurs droits même s'il subsiste différents courants du mouvement.

     

     

    Bref, gardons raison d'être !

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